Apple affirme avoir détaillé projets d’IA Siri aux régulateurs européens il y a six mois, incluant un accès tiers sécurisé.
Apple affirme que les assistants virtuels basés sur l'IA auraient un accès sans précédent à une vaste quantité de données personnelles
Les régulateurs de l'UE ont vivement critiqué Apple mardi pour avoir imputé aux règles technologiques européennes sa décision de ne pas déployer, pour l'instant, la version améliorée de son assistant doté d'IA (Siri AI) dans l'Union européenne, précisant avoir rejeté la demande de l'entreprise d'obtenir une dérogation de 18 mois à ses obligations.
Le fabricant de l'iPhone a annoncé mardi que Siri AI ne serait pas disponible dans un premier temps sur les iPhone ou iPad dans l'UE, reprochant à la Commission européenne de refuser un dialogue constructif pour garantir la confidentialité et la sécurité sur ses appareils.
L'entreprise avait informé les régulateurs de son intention de mettre en place une solution intermédiaire sur une période de 18 mois pour permettre aux assistants virtuels d'accéder à Siri AI en toute sécurité, mais cette demande a été refusée.
Lors d'un point presse au siège d'Apple à Cupertino (Californie), des dirigeants de l'entreprise ont expliqué que les assistants virtuels dotés d'IA auraient un accès sans précédent à une vaste quantité de données personnelles stockées sur l'appareil de l'utilisateur, y compris la quasi-totalité de ses communications.
Apple a affirmé avoir présenté en détail ses projets concernant Siri AI aux régulateurs européens il y a six mois, en y joignant une proposition technique visant à permettre un accès sécurisé de tiers à ces données.
« En substance, la Commission nous demande de mener une expérience très risquée impliquant des dizaines de millions d'utilisateurs », a déclaré aux journalistes Greg Joswiak, directeur du marketing d'Apple, ajoutant : « Nous ne voulons lancer ces fonctionnalités que lorsque nous pourrons le faire en toute sécurité. »
La Commission a rejeté les critiques d'Apple.
« La décision de ne pas déployer Siri AI dans l'UE appartient exclusivement à Apple », a déclaré le porte-parole Thomas Regnier à Bruxelles, soulignant que rien dans le règlement sur les marchés numériques (DMA) n'empêchait l'entreprise de lancer de nouveaux produits dans l'UE.
« Apple a tout simplement été incapable de développer des solutions d'interopérabilité conformes aux normes essentielles de l'UE en matière de confidentialité et de sécurité », a affirmé M. Regnier.
« Au lieu de chercher une solution de conformité appropriée, Apple a simplement demandé à la Commission européenne une dérogation à ses obligations d'interopérabilité prévues par le DMA, et ce pour une durée d'au moins 18 mois. Ce n'est pas une option envisageable », a-t-il ajouté.
L'Europe a représenté près de 27 % du chiffre d'affaires total d'Apple lors du dernier exercice financier. L'entreprise ne communique pas de chiffres de vente spécifiques pour l'UE. Apple a déclaré que le DMA l'avait contrainte à reporter le déploiement de plusieurs fonctionnalités dans l'UE, notamment la recopie de l'écran de l'iPhone sur Mac, la traduction en temps réel avec les AirPods ainsi que des fonctionnalités de localisation dans Plans.
Le DMA vise à limiter le pouvoir des géants de la technologie, à offrir aux concurrents davantage de marge de manœuvre pour rivaliser et aux consommateurs plus de choix.
Les infractions au DMA peuvent valoir aux entreprises des amendes pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d'affaires annuel mondial.
© Thomson Reuters 2026
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