Les régulateurs européens alertent sur des fraudeurs ciblant les investisseurs en cryptomonnaies par usurpation d'identité.
Photo Credit: Unsplash/GuerrillaBuzz
Des fraudeurs exploitent la transition vers le régime d'agrément MiCA pour cibler les utilisateurs de cryptomonnaies
Selon un rapport du *Financial Times*, des fraudeurs usurpent l'identité de régulateurs financiers et d'entreprises de cryptomonnaies pour tenter d'escroquer les clients de sociétés n'ayant pas obtenu de licence dans l'Union européenne (UE). Certains régulateurs du bloc auraient constaté une augmentation des cas de fraude suite à l'entrée en vigueur, le 1er juillet, du règlement sur les marchés de crypto-actifs (MiCA), qui impose aux entreprises d'obtenir une autorisation. Les plateformes d'échange de cryptomonnaies n'ayant pas obtenu ces autorisations ont dû cesser leurs activités dans l'UE ou les céder, contraignant ainsi leurs utilisateurs à transférer leurs investissements.
Des fraudeurs exploitent la transition vers le régime de licence MiCA pour cibler les investisseurs en cryptomonnaies
Le rapport indique également que Stéphane Pontoizeau, représentant de l'Autorité des marchés financiers (AMF) française, a fait état de cas où des fraudeurs se sont fait passer pour des agents de l'AMF, demandant aux victimes de leur transférer des fonds via des sites de hameçonnage. Selon l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), des fraudeurs ont usurpé l'identité et l'image de marque de l'institution en utilisant de faux documents. L'ESMA a par ailleurs souligné que les criminels ciblent tout particulièrement les clients à la recherche d'un nouveau prestataire de services réglementé.
D'après une liste de l'ESMA actualisée fin juillet, seules 323 entreprises de cryptomonnaies ont réussi à obtenir leur licence. Selon une publication LinkedIn du fournisseur de données VASPnet, plus de 1 700 entreprises non agréées seraient contraintes de cesser leurs activités. La publication précise également : « Au cours des prochaines semaines, VASPnet cartographiera les juridictions clés afin d'analyser quels pays s'imposent comme des pôles MiCA, comment les entreprises déploient le mécanisme de passeport européen au sein du bloc et quels anciens centres d'enregistrement perdent des parts de marché. »
Alors que les autorités de l'UE luttent contre ces fraudeurs, le Département des services financiers de l'État de New York (NYDFS) et l'Autorité bancaire européenne (ABE) ont convenu, début juin, de signer un protocole d'accord (MoU) obligeant les deux entités à superviser les activités transfrontalières liées aux *stablecoins*. L'ABE a indiqué que cet accord s'inscrivait dans le cadre de ses responsabilités au titre du règlement MiCA et impliquait la définition de procédures ainsi que de principes régissant l'échange d'informations et la gestion des risques entre l'ABE et le NYDFS.
Un rapport publié par la société d'infrastructure de paiement Decta révèle que la capitalisation boursière des *stablecoins* libellés en euros et conformes au règlement MiCA a augmenté de 128 % au cours de l'année précédant la fin de la période de transition prévue par ce règlement. Selon Decta, la capitalisation boursière totale des huit *stablecoins* en euros conformes à MiCA a atteint 673,9 millions de dollars au 28 juin 2026, contre 295,6 millions de dollars au 30 juin.
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